Broadchurch saison 1 : l’art du suspense…

Broadchurch saison 1 : l'art du suspense

On se rappelle tous avoir été scotchés par la première saison de Broadchurch, ses paysages magnifiques et son enquête lente et douloureuse au sein d’une petite communauté apparemment soudée. Le pitch un peu larmoyant (le meurtre d’un enfant de 11 ans) et la leçon de morale qui concluait la saison en auraient fait fuir plus d’un, et pourtant, en plus d’être très rassembleuse, Broadchurch réussit un véritable tour de force : entretenir le suspense sur l’identité du coupable tout au long des 8 épisodes de la saison 1. Quels sont les trucs du créateur Chris CHIBNALL pour garder le secret – presque – jusqu’à la fin, tout en faisant progresser l’enquête ? C’est ce qui nous a surtout intéressés dans cette série… Modus operandi.

Broadchurch : une série d’ambiance

Broadchurch : David Tennant est Alec Hardy

Alec Hardy (David TENNANT), capitaine de police parachuté dans une petite ville du sud de l’Angleterre sur une enquête difficile… (Broadchurch, 1×8)

On croit la description qu’en fait le jeune journaliste local Olly Stevens à l’envoyée spéciale du Daily Herald Karen White : Broadchurch est la seule ville à 30km à la ronde avec une seule route qui la traverse. Hormis les touristes l’été, c’est une ville ouvrière et la plupart des habitants y ont toujours vécu. Mieux, ils sont tous plus ou moins parents ou amis. Ainsi Olly et le Sergent Miller (Olivia COLMAN), qu’il appelle « Tante Ellie » ou la même Ellie, son mari Joe et les parents de la victime, Beth et Mark Latimer, dont les enfants étaient amis (épisode 1).

Fraîchement parachuté à Broadchurch, l’inspecteur de police principal Alec Hardy (joué par David TENNANT) confirme dès la première conférence de presse qui suit la découverte du corps de Danny Latimer, 11 ans, sur la plage de la corniche : le taux de criminalité à Broadchurch est l’un des plus faibles du pays. Le meurtre de Danny est donc « une terrible anomalie » (ép.1).

« C’est une petite ville. Tout le monde t’épie. », commente-t-il dès l’épisode 2.

Nul besoin de se retrouver dans la salle d’interrogatoire du commissariat local ou même bouclé dans une cellule pour se sentir observé et enfermé…

Tout le monde est concerné, reçoit les mêmes infos en même temps et la rumeur court vite. Le huis-clos est pesant.

Tout le monde est suspect à Broadchurch… et le demeure !

Je suis toujours admirative des créateurs, littérateurs ou cinéastes, qui parviennent à faire exister de nombreux personnages tous très différents (quand c’est raté, c’est juste pénible !)…

Imitée de la scène d’ouverture de la Belle et la Bête de Disney (Bonjour, bonjour !), l’une des premières scènes de Broadchurch montre Mark Latimer, plombier de son état, commencer sa journée tout sourire en traversant le village et saluant ceux qui seront les principaux suspects de cette première saison.

Dans la série Broadchurch, tout le monde est suspect :

  • A commencer par Mark, le père de la victime : « T’étais où, hier soir ? », interroge sa femme au début de l’ép.1. Au commissariat, Mark invoque une intervention en urgence (ép.1), puis change sa version : « J’étais avec un pote », mais il ne se souvient pas de son nom ! (ep 2)
  • Même Tom, le meilleur ami de Danny Latimer, fils de la flic Ellie Miller, fait un bon suspect tant ses réactions sont bizarres : on le voit effacer ses mails à Tom, supprimer des fichiers sur son ordi portable (ép.1) et même tenter de le détruire à coups de pierre (début ép.8).
  • Dans l’ép 2, les parents établissent leur propre liste de suspects. Tous des amis à eux, remarque Ellie…
  • Le technicien télécom du commissariat – qui se trouve aussi être médium et tente de mettre les parents et la police sur la voie. « Impressionnant, j’adore ! Le technicien telecom qui communique avec les morts ! », s’esclaffe Alec Hardy (ép.2).
  • Nigel, l’associé de Mark, dont même la mère ne confirme pas l’alibi (ep 2).
  • Le révérend Paul Coates. Trop beau et trop jeune pour être honnête, il donnait des cours d’informatique aux jeunes (début ép.4).
  • Si l’on écoute nos préjugés, il fait un très bon suspect, comme les résidents à l’année du camping, dont fait partie Susan Wright (qui s’appelle peut-être Elaine Jones en fait), toujours dans le paysage avec son chien, toujours dans les pieds de Nigel et menaçante dès qu’on s’intéresse de plus près à son passé (ép.4).
  • Et enfin Jack Marshall, marchand de journaux de Broadchurch et chef des scouts qui n’échappera au lynchage que pour se suicider (ép.5).
Broadchurch : à la limite du lynchage

Les habitants de Broadchurch au bord du lynchage, dans l’épisode 1×5…

C’est un « truc » que Chris CHIBNALL utilisera à de nombreuses reprises et jusqu’à la dernière minute dans Broadchurch : afficher en images le catalogue complet des suspects, pour nous empêcher d’avancer dans notre identification du coupable. C’est le cas lors de la conférence de presse donnée par la police (ép.1), à l’église (ép.2), derrière les fenêtres de leur maison quand Alec Hardy rentre à pied de son dîner chez Ellie et Joe (ep.4), lors de la reconstitution de nuit (ép.5), à 2h30 du matin quand Alec Hardy a confirmation de l’identité du tueur (ép.7et début ép.8), et une dernière fois à 30mn de la fin de la saison, lorsqu’il est en route pour l’arrêter, GPS en main.

Broadchurch : « Ça n’a rien à voir avec Danny… »

Un autre des trucs de Chris CHIBNALL est d’accumuler les secrets, dont beaucoup n’ont rien à voir avec l’affaire. Les personnages ont une vie, un passé… C’est aussi ce qui fait la richesse de cette série.

  • Si Mark Latimer ment à propos de son alibi pour la soirée du meurtre, c’est parce que sa liaison avec Becca, gérante de l’hôtel local, « Ça n’a rien à voir avec Danny ! » (ep.3).
  • De même, l’histoire qui lie Susan Wright et Nigel, destinée à embrouiller les pistes.
  • Enfin, on l’apprend dès le premier épisode, Alec Hardy a été envoyé à Broadchurch pour « se faire oublier » après le ratage de l’affaire Sandbrook. Karen White et Alec se connaissent déjà (ep. 1×3), comme il connaît déjà Broadchurch, où il a passé des vacances enfant, « dans un camping près des falaises » (1×8). Il s’en souviendra in extremis, au début du dernier épisode de la Saison 1.

Broadchurch : la Presse et autres parasites

« Vous savez ce que provoque un meurtre, M. Connelly ? », explique Alec Hardy en colère au medium. « La naissance d’une véritable industrie, composée de fans, ainsi que de voyeurs et de tous ceux qui veulent pouvoir dire : J’y étais ! » (1×2).

La critique des médias, en particulier de la presse, est virulente dans Broadchurch : au journalisme « familial » du Broadchurch Echo est opposé le cynisme des journalistes (et notamment du rédac-chef) du Daily Herald : « La mère, elle est photogénique ? » (1×4). L’expertise des journalistes à dénicher des infos et lancer des rumeurs est égale à leur faculté à se laisser dépasser : « C’est pas du tout ce qu’on a envoyé ! », s’étonne le jeune Olly en découvrant la une du Daily (1×5).

Olly n’est pas le seul jeune à se faire avoir. Adepte des médias sociaux, Chloé, la fille aînée de Mark et Beth Latimer, est celle qui lance un boycott contre la boutique de Jack Marshall via Twitter.

Broadchurch : le(s) temps de l’enquête

Il semble qu’il y ait plusieurs fils à l’enquête :

  • d’un côté, l’enquête des flics, lente et laborieuse, qui doit faire avec très peu de vrais indices (les cheveux de Danny retrouvés sur le bateau au début de l’ép. 4) et plus encore avec leur absence (où est passé le skate de Danny ? son téléphone portable ? (ép.1)) et se heurte à l’action criminelle qui se poursuit en parallèle: le bateau qui brûle à la fin de l’ép.3, une entrée par effraction dans le bungalow de la scène de crime (fin ép. 6), le révérend Coates qui surprend Tom en train de détruire son ordi portable… et prévient la police (ép. 7), l’appel passé depuis le téléphone (perdu) de Danny pour signaler de la lumière à l’intérieur du bungalow (ép.7) ou encore la confirmation qu’Alec Hardy attendait de l’analyse des mails de Tom Miller et qui tombe à 2h00 du mat’ : « Oh merde !!! » (fin de l’ép.7).
  • de l’autre, les infos lâchées au compte-goutte par le créateur et les scénaristes de la série, comme les 4 mégots retrouvées près du corps de Danny et qu’il faut attendre l’ép.7 pour attribuer à Susan Wright ou le fameux skate de Tom qu’on nous laisse entr’apercevoir chez Susan dès l’ép. 2, mais qui ne refait officiellement surface qu’au cours de l’ép.6. Comme deux énormes verrues sur la plage de Broadchurch, les tentes de la PTS restent jusqu’au début de l’ép. 5, or une fois le corps et les éventuels indices relevés, qu’est-ce qui peut justifier qu’elles restent en place aussi longtemps ? Jusqu’à l’ép 7 et la scène très maligne du double interrogatoire, on ne sait pas ce qu’il en est du lien entre Susan et Nigel ! 
  • Enfin, le sentiment d’urgenceest partout : à travers la rumeur qui monte, les menaces de lynchage, les annonces de coupures de budget (ép. 6) et les constants malaises d’Alec Hardy qui font craindre qu’il ne puisse aller jusqu’au bout de l’enquête….

Dans l’ép 8 de Broadchurch, on nous passe enfin le film du crime dans le bon ordre. Le banc-titre informe : « 59 jours plus tôt… » L’enquête a donc pris en tout et pour tout 2 mois… Une éternité, où Alec Hardy a eu le temps de mourir plusieurs fois, Ellie Miller le temps d’apprendre un métier et les journalistes (locaux ou nationaux) celui de reconsidérer leurs valeurs et leurs objectifs de vie (comme aussi Becca ou Susan Wright).

Broadchurch : Alec Hardy est malade

La maladie met Alec Hardy le dos au mur à Broadchurch (épisode 1×3)…

Broadchurch : les soucis de santé d’Alec Hardy

Le temps de l’enquête, c’est aussi celui d’Alec Hardy et de ses malaises successifs, qui font craindre qu’il n’aille jusqu’au bout de son entreprise.

Alec Hardy est malade, on le sait depuis le premier épisode de Broadchurch, dès la découverte du corps de l’enfant sur la plage (« Reprends-toi ! »). Un premier malaise et la rencontre secrète qui suit avec son médecin (ép. 2) nous le confirment, même si l’on n’apprend qu’au début de l’ép.7 ce dont il souffre : c’est une menace de mort qui pèse sur lui… et sur l’enquête. Après son dîner chez les Miller (ép.4), il a à peine le temps d’entrer dans sa chambre et de courir jusqu’à la salle de bain avant de s’effondrer en se fracassant la tête (ép.4). Il saigne et voir son sang couler, d’autant plus qu’il a, sur le sol, la position d’un animal promis au sacrifice, nous touche, on ne sait pas vraiment pourquoi.

Il y a quelque chose autour du corps de l’enquêteur, un corps fragile, un corps vivant, souffrant et mortel… Deux avantages : 1/ Le personnage de l’enquêteur Alec Hardy est érotisé 2/ Ses incidents de santé successifs contribuent à dramatiser le récit.

Quand il se réveille à l’hôpital après un malaise plus grave au début de l’ép.7, Alec Hardy est condamné… à réussir et finir de résoudre l’enquête en un temps record, avant d’être déclaré « inapte » par les médecins.

Broadchurch : la nature (du crime)

La série de Chris CHIBNALL reste aussi dans les mémoires pour sa superbe photographie et la manière dont la nature est utilisée tout au long du récit.       

La falaise apparaît comme le monstre à vaincre, le bruit du ressac nous endort, suggère la violence, nous fait craindre de nous noyer et peut être renforce l’idée qu’on est vraiment submergés, incapable d’identifier le coupable parmi tous les suspects… Alec Hardy interroge le paysage comme s’il avait la réponse et, de fait, Chris CHIBNALL recourt à un traitement symbolique des éléments naturels dans Broadchurch.

Rythmé par les incidents de santé d’Alec Hardy qui lutte pour sa survie, par l’alternance du jour et de la nuit (de ses rencontres surprises ou secrètes, de ses découvertes et de ses révélations), par le bruit des vagues plus ou moins angoissant, la série ou en tous cas sa saison 1 s’adresse avant tout à notre cerveau reptilien et à nos émotions (quel autre mobile qu’une pulsion pourrait être à l’origine du meurtre d’un enfant ?), freinant une réflexion logique, l’attention portée aux signes qui pourtant ne manquent pas…

Broadchurch : la nature du crime

La présence de la nature dans Broadchurch : interrogatoire peu conventionnel pour le révérend Paul Coates (épisode 1×4)…

De la même manière, la musique grinçante, plombante d’Olafur Arnalds « prend aux tripes », quand elle ne prend pas toute la place, oblitérant même tout son d’ambiance.

Bonus : 2 indices de Chris CHIBNALL pour découvrir le coupable avant tout le monde

Malgré tous les efforts de Chris CHIBNALL pour nous perdre, rendons-lui cette justice : le créateur britannique sème tout autant d’indices pour nous mettre sur la piste du coupable tout au long des 8 épisodes de Broadchurch. A partir de l’ép. 4 (l’ép central de la saison) on peut sérieusement commencer à avoir des doutes sur le coupable (évidemment, c’est plus facile au second visionnage !).

Prêtez attention à certains angles de caméra inattendus et aux scénarios de vie qui vous sont rapportés, vous conforterez rapidement vos doutes.

  • La caméra (qui) innocente

Broadchurch : la caméra qui innocente

Assiégé dans sa boutique, le marchand de journaux Jack Marshall tend le cou comme une victime attendant son exécution… (Broachchurch, 1×5)

Au début de l’ép.5 de Broadchurch, comme dans La Mort aux Trousses de Hitchcock, la caméra commence à désigner pour nous les victimes innocentes. A commencer par Jack Marshall, enfermé dans sa boutique cernée par la populace et qui est de manière surprenante filmé en plongée, d’abord en plan général au milieu de sa boutique, puis en plan serré, à genoux, tendant le cou comme une victime attendant son exécution, et encore une fois dans la salle d’interrogatoire du commissariat. A peu près au même moment, c’est Mark Latimer qui est filmé en plongée marchant sur une route où il surprend sa fille Chloé embrassant son petit copain au bord de la mer. Plus tard, quand les deux jeunes vont au Broadchurch Echo livrer une liste de 3 scouts marins prêts à témoigner des comportements pédophiles de Marshall, à nouveau une vue plongeante parfaitement inutile – donc signifiante ! – de Chloé, Dean, Olly et Karen White les désigne tous comme innocents et victimes à la fois. Dans l’ép.6, c’est Susan Wright qui est à son tour filmée par au-dessus, alors qu’elle est interrogée en présence de son avocat par Ellie et Alec Hardy dans une salle du commissariat. Si ça continue, on va manquer de suspects…

  • Broadchurch: la même histoire qui se répète…

Un autre indice fort pour nous mettre sur la voie de ce qui s’est passé est la répétition de mêmes histoires touchantes, qui semblent nous inviter à réviser tous nos a priori.

La vraie histoire de Jack Marshall

Broadchurch : Jack Marshall, pédophile ou père en deuil ?Attaqué par Mark dans l’ép.4 lorsqu’à la fin du déjeuner organisé chez les Latimer par Nigel, Jack Marshall vient rapporter à ses parents le téléphone de Danny retrouvé dans un sac de livraison, le marchand de journaux de Broadchurch se défend comme il peut : « On va vous dire des choses… », « Je ne suis pas ce genre d’homme-là » (exactement les mêmes mots qui seront employés par Joe Miller lorsqu’il tentera de se défendre face à Danny, à Alec Hardy, puis à Mark…). Dans l’ép.5 de Broadchurch, la vraie histoire de Jack Marshall, le soi-disant pédophile, est révélée. La première partie à Alec Hardy venu conseiller à Marshall de fermer momentanément sa boutique. Prof de musique dans une école de filles, sa grande histoire d’amour avec une de ses élèves, âgée précisément de 15 ans et 11 mois l’a envoyé en prison pour un an. Il a épousé la jeune fille à sa sortie de prison et ils ont eu un fils ensemble. – « Et pourquoi ils sont pas là avec vous ? », demande Mark Latimer, porte-parole des lyncheurs qui encerclent la boutique du marchand de journaux. « Il est mort. », explique Jack Marshall. « A 6 ans. C’était un accident. Elle était au volant. Le chagrin nous a séparés » (ép.5). Et parlant de l’équipe de scouts marins dont il s’occupait à Broadchurch : « Ils ont dit que j’étais pédophile parce que je prenais les garçons dans mes bras, mais c’était pas du tout ça ! C’est que mon fils me manque… sa présence, toucher sa peau, le serrer dans mes bras… » Qui mieux que Mark peut comprendre ça ? Mark comprend, pleure et parvient à éloigner la foule des villageois.

Comme Ellie l’a expliqué à Alec Hardy dès l’ép.1 de Broadchurch : Beth Latimer a eu Chloé quand elle avait 16 ans et Mark 17 (la même histoire qui se répète). Interrogeant Chloé à propos de son petit copain dans l’ép.5, Mark s’entend répondre qu’il s’appelle Dean et a 17 ans (elle en a 15) : « Oui, comme toi avec Maman ! », conclut-elle avant de le renvoyer dans ses buts : « Tu n’as pas honte d’être vu avec Becca Fisher ? »

Lors du même déjeuner chez les Latimer, Beth qui vient de perdre son fils croise Tom, le fils de Joe et Ellie dans le couloir et lui demande un câlin : « Ils me manquent, ces câlins ! ». Une scène qui rappelle les confidences de Jack Marshall et annonce la scène qui nous sera révélée entre Joe et Danny… (Joe aura-t-il lui aussi une jolie histoire à nous raconter pour justifier son attitude avec Danny ?)

La vraie histoire de Susan Wright

Broadchurch : qui est Susan Wright ?Dure en affaires, Susan Wright a d’abord raconté son histoire aux représentants du Broadchurch Echo Maggie et Olly, avant de se faire arrêter par la police. Hyper malin, c’est à Ellie Miller qu’Alec Hardy confie l’interrogatoire de Susan (et pourquoi le fait-il s’il n’a pas déjà découvert le coupable ?). Elle finit par lui raconter : Susan Wright, – à l’époque Elaine Jones -, avait 2 filles et son mari électricien abusait de la plus grande. Quand il a voulu s’en prendre à la plus jeune, la grande s’est interposée et a perdu la vie. La justice a ensuite achevé d’anéantir sa famille en plaçant sa deuxième fille et le bébé dont elle était enceinte, et en condamnant son mari à vie. Comme s’il fallait préparer Ellie (nous préparer ?) à la suite, Susan plaide : « Mais j’en savais rien, j’ai jamais rien su. »

La vraie histoire d’Alec Hardy

Broadchurch : le pire flic de toute l'Angleterre ?Dans l’ép.3, Alec Hardy a expliqué à son toubib avoir accepté l’enquête sur le crime de Broadchurch comme une « pénitence » pour son lamentable échec dans l’affaire Sandbrook. Un peu comme on fait son testament, il accepte de raconter aux journalistes du Broadchurch Echo les circonstances qui ont conduit à la perte de la preuve qui aurait permis de condamner le coupable (ép. 7). A l’époque, Alec Hardy a décidé de prendre sur lui l’erreur d’une lieutenant de police avec laquelle il avait une aventure (elle avait préféré le retrouver à l’hôtel pour fêter la découverte de cette preuve plutôt que de la mettre en sécurité). Cette thématique d’une aventure sexuelle susceptible de ruiner toute une vie rapproche le personnage d’Alec Hardy de Mark Latimer qui, au moment du meurtre de son fils, est en compagnie de Becca Fisher, la gérante de l’hôtel local…

La boucle est bouclée !

La série Broadchurch se lit donc comme une leçon d’enquête (Ellie Miller y apprend clairement son métier), une leçon d’humanité (notamment à destination de la presse, dont la dernière une concernant l’affaire est d’ailleurs on ne peut plus sobre : « Danny. Local man charged. » (ép.8)) et aussi une aventure humaine entre le capitaine parachuté et son lieutenant, les 2 derniers épisodes de la saison 1 étant remarquables à la fois pour le double interrogatoire et pour le respect avec lequel Alec Hardy prépare Ellie à la révélation qui va lui être faite, comment il la met en scène très subtilement pour la protéger…. (cf ép. 7 et 8). Comment convainc-t-on quelqu’un qu’on connaît et qu’on respecte que l’horreur s’est produite chez elle, presque sous ses yeux et pourtant à son insu ?

Olivia COLMAN, révélatiion de Broadchurch dans le rôle de la flic Ellie Miller...

Olivia COLMAN, révélatiion de “Broadchurch” dans le rôle de la flic Ellie Miller… (1×8)

Le jeu d’Olivia COLMAN dans Broadchurch est tout simplement confondant, de son attitude soudain voûtée au début de l’ép.8, lorsqu’Alec Hardy lui lâche qu’il a convoqué Tom et Joe au commissariat, à sa tête de condamnée dans le couloir de la mort après la révélation.

Je ne suis pas sûre d’apprécier autant le côté mièvre et larmoyant de la série, son « enrobage » extrêmement bien pensant, de la scène de l’échographie (à faire pleurer dans les chaumières !) au sermon du révérend Coates (début ép.6) qui fait écho à l’une des toutes premières images de la série : un message placardé sur le panneau d’affichage de la ville et battu par le vent : « Aime ton prochain comme toi-même. » L’image surimposée de Danny souriant à sa maman sur la plage où tout le village est venu lui dire au-revoir, comme la côte, en fond, illuminée comme un sapin de Noël par tous les fanaux allumés est un peu « too much », mais il en faut pour tous les goûts.

Ce que j’ai le plus apprécié dans Broadchurch, Saison 1 est cette impressionnante leçon de cinéma sur l’art du suspense. J’espère vous en avoir convaincus !…

Je note en plus 3 découvertes : les paysages de West Bay dans le Dorset, au sud du Royaume-Uni, la prestation d’Olivia COLMAN et la bande son de Olafur ARNALDS, qui m’était totalement passée au-dessus de la tête lors de la diffusion de Broadchurch et que j’écoute maintenant en boucle.

Broadchurch : à la recherche de la vérité

Qu’avez-vous pensé de Broadchurch ? La première saison vous a-t-elle scotchés, comme moi et attendez-vous avec impatience la saison 3 ?

En Savoir plus :

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