[Séries Mania 2016] Série belge La Trêve …

La Trêve, série belge de 2016

Pourquoi ai-je été intéressée par la série belge La Trêve, qui évolue dans le milieu d’un club de foot de division 3 ? On se le demande !!! Le fait est qu’à peine assise dans la salle de l’UGC qui diffusait les 2 premiers épisodes lors de Séries Mania, j’ai rapidement déchanté !

Le pitch de La Trêve :

A peine débarqué à Heiderfeld (avec quelques casseroles), dans les Ardennes belges où il a passé son adolescence, l’inspecteur Yoann Peeters (joué par Yoann BLANC) est amené à enquêter sur la mort d’un jeune footballeur togolais qui jouait dans le petit club local. De suspect en suspect, le policier encore choqué par la mort de sa femme va s’enfoncer dans les mystères et petits secrets honteux de ses concitoyens, de la corruption des joueurs et des dirigeants du club aux manœuvres de la mairie pour hâter un projet de barrage, en passant par les incestes et soirées SM organisées dans la grange d’une ferme perdue…

Mon avis sur La Trêve :

C’était une impression récurrente pendant tout le festival Séries Mania, les séries télé policières se réclament toutes aujourd’hui de True Detective, reprenant à leur compte qui le générique (Bordertown…),  qui les plans aériens et symboles chamaniques (Jour polaire…) qui étaient sa marque de fabrique. Que nos chères séries policières s’élèvent un peu au-dessus du niveau du sol grâce à de jolis plans aériens, passe encore. Maîtriser la vue d’ensemble ou avoir une image complète dans une enquête policière, c’est généralement une bonne idée….Mais du générique à la bande son, des vues aériennes de la forêt et du fleuve où le corps a été retrouvé à la roulotte de Lequais dit « l’Indien », ornée de fétiches en tous genres, les créateurs de La Trêve, qui reconnaissent volontiers une « influence » (!), ont tout simplement pillé True Detective, sans se poser de question.

La Trêve est pourtant bien loin du niveau d’un True Detective et on s’ennuie passablement, malgré de bons acteurs et une photographie de qualité cinématographique. Certains procédés narratifs comme les flashbacks, les flash forward avec la psy et – pire ! – les cauchemars qui ouvrent presque chacun des épisodes de La Trêve ne sont pas du niveau  des ambitions affichées de la série. On a un peu l’impression d’être baladé de suspect en suspect, un peu comme on nous ferait visiter le village.

Et surtout, très ancrée localement, la série La Trêve prend un malin plaisir à nous donner une image sombre et sordide de la Belgique (En a-t-elle vraiment besoin ? Ces sombres histoires sont-elles ce qui la définit le mieux ? )….

 

Bon à savoir : écrite par Stéphane BERGMANS, Benjamin D’AOUST et Matthieu DONCK et réalisée par Matthieu DONCK, La Trêve est la première série issue d’un appel à projets mené conjointement par la RTBF et la Fédération Wallonie-Bruxelles (le fonds FWB-RTBF) en vue de développer la production de séries télé belges francophones (1). Composée de 10 épisodes de 52mn, la saison 1 d’une série produite dans ce cadre répond à un cahier des charges précis, parmi lesquelles une durée de tournage de 70 jours maximum. Ainsi le coût d’un épisode de La Trêve est-il estimé à seulement 200.000 euros.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, l’honnêteté intellectuelle ou le caractère réellement original lié à toute création artistique ne semblent pas faire partie du fameux cahier des charges du Fonds de « création » FWB-RTBF.

Hallucinant ! Personnellement, non seulement ça m’insupporte, mais ça me révolte !

 

Pour couronner le tout, La Trêve a été nommée Meilleure Série francophone lors du Festival Séries Mania à Paris.  Un chouette parcours pour une œuvre non originale, qu’on peut (qu’on doit) considérer comme un plagiat manifeste.

La série La Trêve sera bientôt sur France 2. Ne manquez pas de noter en commentaires ce que vous en avez pensé !

La Trêve : l'inspecteur Yoann Peeters et son équipe

La Trêve : l’inspecteur Yoann Peeters et son équipe.

NOTES :

  • La deuxième est Ennemi public, créée par Antoine Bours, Fred Castadot, Gilles de Voghel, Matthieu Frances et Christopher Yates (2016)

 

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