J’ai lu “Heat Wave / Vague de chaleur” de Richard CASTLE…

Hot! Hot! Hot!

Quel meilleur moment que cet été chaud, chaud, chaud (et le plus souvent sans télé !) pour vous raconter ma lecture de « Vague de Chaleur » (en version originale « Heat Wave »), un polar lu en anglais et curieusement signé : « Richard Castle »

Oui, vous avez bien lu : Richard Castle, le héros de fiction de la série « Castle » serait, à la ville, un véritable auteur de polars ! C’est du moins ce qu’on voudrait nous laisser croire…

Quand la réalité se prend au jeu de la fiction… Mais jusqu’où iront-ils ?

Sorti aux Etats-Unis le 29 septembre 2009, soit à peine plus de 6 mois après la diffusion du premier épisode sur ABC, « Heat Wave/Vague de Chaleur », ce tout premier « polar papier », a lancé l’aventure cross media pour « Castle » et s’est immédiatement posté dans le top 10 des meilleures ventes du New York Times.

Au rythme d’une livraison par an, le 5ème roman de la série Nikki Heat « Deadly Heat/Mort brûlante » est à venir pour septembre-octobre 2013 !

Une série de polars livres est également consacrée à Derrick Storm, le personnage que Castle fait disparaître au tout début de la série TV, ainsi qu’une série de BD ou romans graphiques, dont nous annoncions la sortie du premier album « Castle : Deadly Storm (A Derrick Storm Mystery) » en septembre 2011.

En marketing, on appelle ça une opération de « cross-promotion” ou de publicité croisée entre ABC and Hyperion Books, tous deux des entités du groupe Disney. La sortie de « Heat Wave/Vague de Chaleur » a emballé les fans de la série télé, intéressé à son sort les lecteurs de polar et lancé sur les forums (dont celui du site Amazon américain, beaucoup plus actif que le nôtre), un débat passionné et drôle à suivre sur la véritable identité de son auteur…

Prolonger ainsi la fiction dans la réalité prouve assez le talent de l’équipe de « Castle », qu’ils soient auteurs ou hommes de marketing. J’attendais donc avec impatience l’occasion de lire et de pouvoir apprécier ce premier tome version « fictionnalisée » d’une de mes séries préférées, et je n’ai pas été déçue, d’abord parce que, quel que soit l’auteur, il est très bien écrit, avec le même humour et le même mordant que la série télé, et qu’en plus, il est « hot », à l’image de l’été torride que nous avons eu cette année…

Les mêmes !

Dans le roman, Kate Beckett est Nikki Heat, et Rick Castle – alias Jameson Rook – n’est plus romancier, mais journaliste grand reporter avec deux prix Pulitzer et une très haute estime de soi. Il pose avec Bono en couverture de magazines, les femmes le reconnaissent dans la rue (« Oh my God you’re even cuter in person ! » (6)) et lui font signer des autographes à même leur corps, exactement comme dans la série…

Avec des changements minimes sur les noms des personnages, on retrouve toute la fine équipe de la série, Alexis en moins :

Personnages de la série Personnages des romans
Kate Beckett Nikki Heat
Rick Castle Jameson Rook
Martha Rodgers Margaret Rook
Ryan Raley (Rales)
Javier Esposito Ochoa
Capitaine Montgomery Captain Montrose
Lanie Parish (légiste) Lauren Parry

Et quelques scènes culte de la série sont carrément réutilisées (pour notre plus grand plaisir !) :

  • La victime « tombe du ciel » (3) : (« It’s raining men », dit Rook !), comme dans un certain nombre d’épisodes de la série (par exemple : 2×01, 4×11 ou 4×15)
  • Nikki/Kate participe à une soirée poker chez Rook (92) et y rencontre un juge auquel elle s’adressera désormais directement pour obtenir plus vite ses mandats (1×1 et d’autres…)
  • Pour l’aider dans son enquête, Rook organise la rencontre de Nikki et d’un voleur d’œuvres d’art (214) désormais converti (cf. 1×07)
  • Enfin, ils rejouent même la scène hilarante où Rook/Castle frappe comme un forcené contre le miroir sans tain de la salle d’interrogatoire, scandalisé par le manque de respect d’un suspect à l’égard de Nikki/Kate (83) (Réf épisode ?).

Quant à Nikki, toujours sous le coup de sa « fêlure » originelle (le mystère du meurtre de sa mère, le soir de Thanksgiving l’année de ses 19 ans) (51-52), elle est aussi occupée à se débarrasser des fans de Rook (5) et à le « baby-sitter » (16) qu’à faire son boulot (5) et ne manque jamais l’occasion de le lui faire remarquer. Elle le nomme « writer monkey » (60), « writer boy » (85, 210) ou encore « Mr. Reporter » (204) et, comme dans la série, ils s’affrontent essentiellement sur leur métier, leur savoir-faire et leurs méthodes d’investigation, très différentes. Pour résumer, tous deux jouent à “good cop/no cop” (37), comme le dit Nikki.

Le jeu plein d’émotion des acteurs à la télévision est ici remplacé par le point de vue adopté dans le livre, le point de vue féminin de Nikki (100), qui partage alternativement avec nous son irritation devant les facéties et les bourdes de Rook et… une émotion secrète qu’elle a du mal à réprimer…

Hot ! Hot ! Hot !

Dans un NY chauffé à blanc par la canicule (1, 95), où une panne générale de courant favorise cambriolages (166) et rapprochements, l’échange d’une recette de « hand margaritas » (145) apprise auprès de Desmond Tutu, plaisante Rook, sert d’entrée en matière à une scène parfaitement inédite.

En voici la recette :

« Today, class, we’re making what we call hand margaritas. Observe. » He sliced a lime wedge, poured a shot of tequila, then licked the web of his hand at the thumb and forefinger and sprinkled salt on it. He licked the salt, tossed back the shot, then bit the lime. “Whoa-yeah. That’s what I’m talkin’ about,” he said.” (145)

Pour résumer, il s’agit de lécher sa main (ou celle de son compagnon : après quelques shots de tequila, cela ne fait apparemment plus aucune différence !) entre le pouce et l’index, d’y déposer le sel, d’y coller ensuite sa bouche, puis d’avaler d’un coup la tequila avant de mordre dans un quartier de citron vert (Dites-moi si ça marche pour  vous !)…

Vous l’aurez compris, ce que nous avons attendu 4 saisons à la télévision, Kate Beckett (pardon, Nikki Heat !) et Rick Castle (Oops ! Jameson Rook) ne mettent, sur le papier, que 146 pages à le faire !!!!

Pour ne pas gâcher votre plaisir, – et vous donner encore plus envie de vous procurer le livre au plus vite ! -, je m’en tiendrai au jeu de mots utilisé par l’auteur pour commenter l’action :

« The heat of the room was tropical » (149) !!!

Près de Rook, Nikki Heat lâche enfin prise :

“In that instant, Nikki became free. Free of responsibility. Free of control. Free of herself” (150)

Et surtout, à l’image des fillettes du tableau de John Singer Sargent que Rook lui a offert, elle retrouve avec lui l’innocence et la gaieté de l’enfance (153) :

« But the big difference with Rook was that he was playful.
And he made her playful.

Rook gave her permission to laugh. Being with him was fun. Sleeping with him was anything but solemn and earnest. His playfulness brought joy into her bed. I still have my armor, she thought, but tonight, anyway, Rook got in. And brought me with him.
Nikki Heat had discovered she could be playful, too.”
(153-154)

Car il ne s’agit finalement que d’une chose dans ce livre, retrouver la légèreté et la joie de l’enfance grâce à un mec qui vous fait rire et vous fait fondre…

Qui n’en a pas rêvé ? Vous vous reconnaissez ?

“Carnation, Lily, Lily, Rose” du peintre américain John Singer Sargent

Dans l’épisode 1×05, l’auteur de polar Richard Castle se vantait de son talent devant Kate Beckett :

« Je peux vous convaincre en moins de 300 pages ! »

Dont acte ! (l’édition de poche américaine compte très exactement 274 pages…)

Avez-vous déjà lu l’un des polars signés Richard Castle ? Et après cet article, avez-vous envie d’en lire un ?

En Savoir plus :

3 Commentaires dans “J’ai lu “Heat Wave / Vague de chaleur” de Richard CASTLE…

  1. Ellen A Paris (les Fleurs Rebelles) dit:

    Hello,
    Je découvre ce bouquin, je ne savais pas qu’ils étaient allés jusqu’à là 😉
    C’est une bonne idée je trouve et j’aurais probablement eu envie de le lire si je n’avais pas décroché de la série : cette année j’ai zappé plein d’épisodes. Pareil pour Mentalist et Bones, je crois que je me suis lassée des séries policières construites autour de duos, j’ai un peu envie de nouveautés 😉
    Bonne semaine !

    • admin dit:

      J’ai trouvé tellement intéressante l’idée dans “Castle” d’avoir le point de vue “2nd degré” de l’écrivain sur le scénario d’une enquête, que je n’ai pas été surprise du truc marketing de Richard-Castle-écrivain-dans-la-vraie-vie, plutôt comblée… et curieuse ! Alors quand je l’ai trouvé d’occaze en américain à 4€ seulement, j’ai foncé ! Pour un premier essai, c’est super réussi, vous ne serez pas déçues !

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