Le Musée Miniature et Cinéma, à Lyon…

Dan OHLMANN, l’autre « miniature killer »…

Est-ce l’influence du « Tueur aux Maquettes » de la 7ème saison des « Experts » ?

En ballade à Lyon pour deux jours, je me suis laissée tenter par la visite du Musée Miniature et Cinéma, situé rue Saint Jean, dans le bâtiment Renaissance de la Maison des Avocats, en plein quartier touristique du Vieux-Lyon.

La maquette éclairée du dôme du Capitole d’Independance Day (avant destruction !) présentée en vitrine et le « pre-show » gratuit de plusieurs décors miniatures (dont : le Dortoir ou la magnifique Bibliothèque de Dan Ohlmann) sont si convaincants qu’on se précipite, enthousiaste, pour acheter son billet !

Dan OHLMANN ou l’histoire d’une passion grandissante… pour la miniature

A 20 ans, ébéniste et architecte d’intérieur, Dan OHLMANN réalise souvent des maquettes de ses projets pour ses clients et…se prend au jeu de la miniature ! Il organise alors des expos itinérantes pour montrer ses créations en France et ailleurs, jusqu’au jour de 1989 où il s’arrête à Lyon et, sous le charme, décide de s’y installer… Le Palais de la Miniature nait en 1990 pour devenir le Musée Miniature et Cinéma le 21/02/2005, suite à la rencontre avec la mécène suisse Gisela OERI, présidente du FC Bâle et fondatrice du Musée de la Maison de Poupée, à Bâle, qui lui permet de croître et se développer au cœur de ce quartier du Vieux-Lyon classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Dernière étape, avril 2011, avec l’ouverture d’une nouvelle salle consacrée aux effets spéciaux et au travail des artistes des studios de cinéma.

Les Collections en bref…

  • Miniatures :

Car sur les 2.000 m² d’exposition du musée (8 salles sur 3 niveaux), c’est non seulement les œuvres de Dan OHLMANN qu’on découvre, parmi lesquelles :

–        Les 5 « Réels » hommages au patrimoine lyonnais réalisés pour la Manifestation « Esprit d’un siècle, Lyon 1800-1914 » (Atelier de tissage de Georges Mattelon à la Croix-Rousse – 1820 ; Lac souterrain, Citerne d’eau de Caluire – 1854 ; Hôtel de Milan, Place des Terreaux – 1860 ; Bâtiment H de la Prison Saint-Paul, Perrache – 1860 et Machinerie de ventilation et grand lustre du Théâtre des Célestins – 1873).

–        la Brasserie Georges, la salle de danse de l’Opéra de Lyon, le Museum d’Histoire naturelle ou le Restaurant Maxim’s, véritables chefs d’œuvre de minutie et de réalisme…,

mais aussi les œuvres de nombreux artistes venus du monde entier : scènes miniatures de Ronan-Jim Sevellec (« la Boucherie », « les Bains »…), de Julien Martinez (« Chez Germaine »), objets miniatures (mobilier, chaussures, pâtisseries, instruments de musique…) et aussi œuvres issues de techniques très diverses, des marrons sculptés à l’origami ou au découpage… Au total, environ 120 scènes et plus de 1.000 objets miniatures exposés.

  • … et cinéma :

Côté cinéma, il s’agit de « mettre en valeur le travail des plasticiens » derrière les effets spéciaux et les décors des films à grand spectacle. « Tous ces artisans qui travaillent dans l’ombre pour quelques secondes à l’écran seulement, explique Dan OHLMANN dans une interview donné au Progrès.fr en avril 2011. En contact avec les grands studios de cinéma européens et américains avec lesquels il collabore, Dan OHLMANN a eu l’idée de récupérer maquettes d’effets spéciaux et objets ayant servi sur les tournages afin de les restaurer et de les montrer dans son musée.

Ainsi la visite actuelle du musée commence-t-elle par la découverte de 5 décors originaux grandeur nature utilisés pour le film « Le Parfum : histoire d’un meurtrier » de Tom Tykwer. Prêtés par la Sté. Constantin Films, les décors du laboratoire de Grenouille, de son atelier d’embaumement, du bureau du maître parfumeur ou de la parfumerie ont été démontés sur le lieu de tournage du film à Münich, puis remontés à Lyon. A noter : la scène de la parfumerie qui a demandé 8 mois de travail à 8 décorateurs fait 2 secondes ½ de film à l’arrivée !

 

Créatures extraterrestres, robots et animatroniques, blessures hyperréalistes, modèles réduits de vaisseaux de science-fiction, maquettes d’effets spéciaux (explosions, accidents..), décors miniature qui seront filmés par des caméras miniaturisées et dans lesquels acteurs et figurants seront ensuite incrustés -, tous les secrets du 7ème art vous seront révélés sur les quelques 1000 m2 d’exposition consacrés au cinéma. « Une centaine de films sont représentés, à travers 200 pièces, dont 25 % seront renouvelées chaque année », précise l’article du Progrès.fr du 17/04/2011. Les panneaux descriptifs ont été rédigés par Alain BIELIX, rédacteur en chef du magazine SFX, et une petite salle à l’écart est même explicitement déconseillée aux enfants et aux personnes sensibles !

A l’américaine, la visite se termine sur une vision des artistes au travail dans l’atelier.

« Nous ne prétendons pas être le musée du cinéma, mais celui des artistes des studios », dit OHLMANN dans la même interview. Il est vrai que l’Institut Lumière n’est pas loin à Lyon ! Et devinez qui a réalisé la maquette de la Villa d’Antoine Lumière que vous pouvez y admirer ? Dan OHLMANN, bien sûr !

3 scènes miniatures en détail …

Spécialement repérées parmi tous ces univers variés et fascinants, trois scènes miniatures qui « parleront » aux amateurs de polar et de séries policières :

  • « Petits travaux secrets au sous-sol » de Dan Ohlmann : une imprimerie clandestine de fausse monnaie toute équipée (plaques, rotatives, stock de faux billets, massicot, caisses de bois pour le transport, mallettes bourrées de liasses bien alignées). Le chariot à roulettes charge les planches de Gustave Eiffel (les anciens billets de 200 FF) au cul des rotatives pendant que les Cézanne (100 FF) et les Pierre et Marie Curie (500 FF) sèchent encore sur des tringles suspendues au plafond… Dan OHLMANN faux-monnayeur ?
  • La superbe « Chambre de Détective » à l’échelle 1/12ème (Mathieu Chollat – Dan Ohlmann) : avec sa pièce unique, à la fois chambre et bureau, façon décor de film noir… Côté chambre, on note le canapé convertible en cuir, laissé ouvert et défait, et la bouteille de whisky en bas du lit… à portée de main ! Drôle de nuit !… Sur le mur, une bibliothèque suspendue, pleine de livres (des polars ?). Côté bureau, les fauteuils club en cuir, les meubles à rideau et la bibliothèque débordant de dossiers  de photos compromettantes réunies au prix de longues heures de filature… Plancher de bois, mur de briques couvert de photos noir & blanc, escalier de secours courant sur la façade : on est sûrement à New-York, en plein cœur de Manhattan… Une vieille machine à écrire sur le bureau, un poste TSF en bois et l’appareil photo vintage avec son flash au magnesium… On s’y croirait ! Je parie qu’il y a un mini flingue caché dans le tiroir entr’ouvert du bureau !…. Mais qu’est-il arrivé au détective privé ?
  • Et enfin, l’impressionnant Bâtiment H de la Prison Saint-Paul à Perrache en 1860, hommage au patrimoine historique lyonnais achevé en 2003, à propos duquel Dan OHLMANN évoquait dans une interview les aspects techniques de son travail (enquête-repérage sur les lieux, prise de mesures et photographies, réalisation de plans d’architecture, fabrication, microsculpture…)… et la difficulté à obtenir, dans le cas précis, toutes les autorisations nécessaires !… (Lire en particulier l’article de janvier 2007 paru dans le Point sur “les Coulisses du Musée de la Miniature“. Dan OHLMANN préparant l’évasion d’un malfrat, façon Prison Break ?

Prochainement sur le mag.sktv.fr, retour sur le tueur aux maquettes des Experts… En attendant, pour découvrir les miniatures qui tuent, arrêtez-vous à Lyon et visitez le fabuleux Musée Miniature et Cinéma de Dan OHLMANN !

Merci au Musée de m’avoir autorisé à utiliser ses visuels pour cet article.

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