La Mystérieuse Affaire de Styles (Agatha CHRISTIE, 1920)

La Mystérieuse Affaire de Styles Agatha Christie

S’attaquer à la Reine du Crime ?  Autant commencer par le commencement, et lire – crayon et loupe à la main – son tout premier roman !… On y fera connaissance avec Hercule Poirot, on observera avec attention sa méthode en prenant des notes (beaucoup de notes !) et on tentera de consigner par écrit tous les trucs et les recettes qui ont fait d’Agatha CHRISTIE le monstre de la littérature policière qu’on connaît. Agatha CHRISTIE et La Mystérieuse Affaire de Styles ? Même pas peur !…

 

Un avocat, un médecin, « l’un des plus grands experts actuels en matière de toxicologie » (25) et de nombreux autres personnages possiblement intéressés réunis sous le toit d’une vieille Lady fortunée ? Ça devait arriver ! La Mystérieuse Affaire de Styles (titre original : The Mysterious Affair at Styles) d’Agatha CHRISTIE, paru en 1920, raconte la toute première enquête criminelle d’Hercule Poirot, suite à l’empoisonnement de la vieille dame. C’est d’ailleurs le tout premier polar écrit et publié par la Reine du Crime, après avoir été refusée par 6 éditeurs !

De retour du front de la Grande Guerre où il a été blessé, le capitaine Hastings passe l’été 1916 dans le manoir de Styles Court dans l’Essex, chez son ami John Cavendish, beau-fils de Lady Emily, la victime au moment où commence La Mystérieuse Affaire de Styles. Véritable maîtresse femme, cette dernière venait juste de se remarier, malgré ses 70 ans et plus, à un certain Alfred Inglethorp qui pour tous devient immédiatement le premier suspect – le plus évident ! – du meurtre.

Tombé par hasard sur « [son] ami Poirot » (13), Hastings propose immédiatement de faire venir « ce Belge réfugié au village » (45), « un inspecteur célèbre qui m’a fasciné. Un petit homme extraordinaire. Un véritable dandy, mais d’une intelligence hallucinante » (20), annonce-t-il, plein d’admiration.  C’est Hastings qui joue le rôle de narrateur et de faire-valoir de Poirot tout au long de cette enquête minutieuse et extrêmement complexe.

 

L’Affaire de Styles, première apparition d’Hercule Poirot

Mais au fait, quel portrait Agatha CHRISTIE fait-elle d’Hercule Poirot, son tout premier personnage d’enquêteur qu’on retrouvera, après La Mystérieuse Affaire de Styles, dans pas moins de 32 autres romans et 51 nouvelles (1) ?

  • « Moi, Hercule Poirot… »

Le premier portrait d’Hercule Poirot nous est livré dès le milieu du chapitre 2, quand Hastings fait sa rencontre fortuite, 12 jours à peine après son arrivée à Styles :

« Poirot était un homme au physique extraordinaire. Malgré son petit mètre soixante-deux, il était l’image même de la dignité. Son crâne affectait une forme ovoïde, et il tenait toujours la tête légèrement penchée de côté. Sa moustache, cirée, lui conférait un air martial. Le soin qu’il apportait à sa tenue était presque incroyable, et je suis enclin à penser qu’il aurait souffert davantage d’un grain de poussière sur ses vêtements que d’une blessure par balle. Pourtant ce petit homme original, ce parfait dandy – qui, je le voyais avec une peine infinie, traînait maintenant la patte – avait été en son temps l’un des plus fameux inspecteurs de la police belge. Doué d’un flair prodigieux, il s’était en effet illustré en élucidant les cas les plus mystérieux de son époque » (32-33)

Dans cette première Mystérieuse Affaire de Styles, Agatha CHRISTIE décrit Poirot comme un dandy, qui lisse « sa moustache avec une méticulosité renversante » (49) et « brosse méthodiquement son manteau avant de l’enfiler » (50)

Fraîchement réfugié en Angleterre, Poirot a un « anglais balbutiant », mais un ego surdimensionné :

« L’anglais balbutiant de Poirot et son exécrable prononciation, qui n’avaient guère changé en Belgique, me déchiraient ici les tympans. Par tendresse pour ce petit homme au brillant passé – et par courtoisie envers mon malheureux lecteur – je me garde bien de les transcrire ici. Quand à son insupportable suffisance, en revanche, elle fait tellement partie de son personnage – et elle m’exaspère à un point tel – qu’il serait tout à la fois frustrant et malhonnête de ne pas le laisser entrevoir. » (49)

Sa formule favorite et récurrente dans L’Affaire de Styles est « Moi, Hercule Poirot » :

Hastings : « Pourtant, je ne vois toujours pas… Poirot : – Moi non plus, mon bon ami ! Je dois bien le reconnaître, cette affaire me laisse perplexe, moi, Hercule Poirot ! » (121),

voire même « Moi, Hercule Poirot, je sais,… » :

« Là réside toute la difficulté. Moi, Hercule Poirot, je sais, mais il manque un maillon. Et à moins que je ne trouve ce maillon manquant… » (183)

L'Affaire de Styles : portrait Hercule Poirot

“Moi, Hercule Poirot, je sais…”

Il se voit comme un « géant » (171), surtout lorsque l’enquête progresse : « Regardez-moi. Je cours, je saute, le géant que je suis a repris des forces. » (171) Et n’hésite pas à parler de lui à la troisième personne, pour s’invectiver : « Ah, triple buse que vous êtes, Hercule Poirot ! Par votre négligence, cette preuve a disparu » (89), justifier ses actions auprès de Hastings : « Je lis dans vos pensées, mon bon ami ! dit-il avec un sourire. Non, personne hormis Hercule Poirot n’aurait osé prendre un tel risque ! » (228) ou encore personnifier ses célèbres petites cellules grises, une image qui apparaît dès ce premier opus de l’Affaire de Styles : « Cette affaire doit se résoudre de l’intérieur. (De l’index, il se tapota le front.) Ces petites cellules grises ; à elles de jouer, comme on dit ! » (177)

La vanité et l’autosatisfaction qui caractérisent Hercule Poirot fournissent la gestuelle du personnage et de nombreux éléments de comédie, d’humour et de mise en scène qui seront exploités par la suite dans les films ou les séries télévisées.

Poirot dans La Mystérieuse Affaire de Styles

« Moi, Hercule Poirot ! » (in : La Mystérieuse Affaire de Styles, capture d’écran série Hercule Poirot)

Ainsi, il a besoin d’un auditoire et réunit – au moins deux fois dans La Mystérieuse Affaire de Styles – l’ensemble des personnages et/ou suspects au salon pour leur faire part des avancées de son enquête (126), puis raconter par le menu les étapes de son raisonnement, avant de désigner le coupable (203-214). Hastings note que Poirot se comporte alors comme « un conférencier en vogue », faisant une petite courbette avant de prendre la parole (127,204) : « Mesdames et Messieurs […] » (127).

La Mystérieuse Affaire de Styles : révélation du coupable

L’heure de vérité dans La Mystérieuse Affaire de Styles… (capture d’écran série Hercule Poirot)

Et si le maître de cérémonie de l’Affaire de Styles est généralement « calme » et possède « une stupéfiante maîtrise de soi » (67), Hastings le décrit aussi comme « un p’tit bonhomme, qui parle autant avec les mains qu’avec la bouche » (101), au « regard pétillant de malice » (69) et dont les yeux verts sont capables de briller comme des émeraudes « sous le coup d’une vive excitation » (92).

Passionné par son travail de détection, la moindre découverte ou avancée dans l’enquête le transporte littéralement : « Une expression de jubilation avait envahi ses traits » (113), « Poirot eut un petit sourire indéfinissable […]. Il se leva et se mit à fredonner un petit air » (179). Quand il entrevoit enfin l’enchaînement complet des faits de La Mystérieuse Affaire de Styles, c’est l’explosion :

« Je ne pus en dire davantage. Car Poirot poussa un cri rauque et inarticulé et détruisit une nouvelle fois sa construction. Puis, plaquant ses mains sur ses yeux, il commença à se balancer d’avant en arrière sur sa chaise, comme s’il souffrait le martyre […]. Il bondit de sa chaise et, m’étreignant avec fougue, m’embrassa sur les deux joues. Avant même que je fusse revenu de ma surprise, il était sorti en trombe de la pièce […].  Je me ruai à la fenêtre. Il dévalait en effet la rue en courant à perdre haleine et en gesticulant. Il n’avait même pas pris le temps de mettre son chapeau ! » (201)

L’Affaire de Styles résolue transfigure Poirot :

« Le petit homme paraissait transformé. Il affichait une autosatisfaction qui frisait la caricature » (203)

Hastings le décrit même comme « épanoui » (203), à l’avant-dernier chapitre, au moment où il s’apprête à exposer tous les détails de La Mystérieuse Affaire de Styles, ainsi que l’a surnommé la presse, avide de crimes mondains (140).

Bref, « C’est un petit homme si charmant. Mais il est vraiment bizarre ! ». Et maniaque ! note la jeune Cynthia Murdoch (160). Mary Cavendish quant à elle, n’est pas loin de le croire fou, et Arthur Hastings de l’approuver :

Mary Cavendish : – « Il est vraiment fou ?
Arthur Hastings : – Comment savoir ? J’ai parfois l’impression très nette qu’il est fou à lier ; puis, au moment où sa folie me semble la plus évidente, je découvre une logique au cœur même de cette folie » (171)

Dans sa manière de gérer ses émotions par le geste :

« Il tripota les bibelots d’une main distraite avant de les aligner dans un ordre impeccable – une de ses manies quand il était troublé » (La Mystérieuse Affaire de Styles, p. 55)

et de conduire son enquête avec une méticulosité quasi maladive qui ne laisse aucun indice ni aucune conclusion au hasard, on reconnaît l’inspiration du personnage d’Adrian Monk, dans la série TV « Monk »). Ses preuves sont d’ailleurs souvent aussi légères que celles de Monk :

« Une vieille enveloppe griffonnée. Et un parterre de bégonias fraîchement plantés » (!) (83)

  • Le couple Poirot/Hastings :

La Mystérieuse Affaire de Styles : Japp, Poirot et Hastings

La Mystérieuse Affaire de Styles : l’Inspecteur Japp, Poirot et le Capitaine Hastings

Inspiré du binôme Sherlock Holmes et le Dr. Watson imaginé par Conan DOYLE trente ans plus tôt, le couple Poirot/Hastings mis en scène par Agatha CHRISTIE dans l’Affaire de Styles est proche d’un duo comique, où Hastings joue malgré lui le rôle de faire-valoir de Poirot.

Parfaitement caractérisé et individualisé, comme tous les personnages de La Mystérieuse Affaire de Styles, Hastings est décrit comme influençable, susceptible et, côté détection, toujours plus ou moins à côté de la plaque, ce qui permet à Poirot de le manipuler pour les besoins de l’enquête et de l’utiliser comme un pion pour vérifier ses propres hypothèses.

Plein d’admiration pour son aîné, Hastings se projette volontiers dans une future carrière de détective – « Sherlock Holmes, sans aucune hésitation ! » (20) – annonce-t-il à l’assemblée dès son arrivée à Styles Court. C’est pourtant un homme influençable, qui tombe notamment sous le charme de chaque femme croisée : Mary Cavendish avec ses yeux qui brillent « comme un feu sous la braise » (18), la jeune Cynthia dont il dit qu’ « avec des yeux et des cils foncés, elle eut été sensationnelle » (21) ou encore Mrs Raikes, « une très belle jeune femme de type bohémien » (26). Et tout ça dans le seul chapitre 1 de La Mystérieuse Affaire de Styles !

Ses élans (il ira jusqu’à proposer le mariage à Cynthia dans une scène aussi humiliante qu’hilarante !) (162-163), ses humeurs (en particulier vis-à-vis de Poirot dont il aimerait partager toutes les pensées), comme ses tâtonnements au cours de l’enquête sont des éléments de comédie dans La Mystérieuse Affaire de Styles, le principal défaut de Hastings étant qu’il est influençable et se range le plus souvent au dernier avis énoncé :

« Sur le moment, j’adhérai à la théorie de Poirot et me pris à chercher la nature de ce secret. Néanmoins je conservais une nette préférence pour la thèse la plus évidente » (122)

On reviendra tout à l’heure sur ce qui fait que Hastings se trompe quand la méthode de Poirot le conduit au succès, mais le plus drôle est que Hastings se vexe quand le grand détective ne partage pas ses opinions (123), le contredit (69) et joue les électrons libres (175), gardant pour lui ses réflexions et n’étant jamais là où il devrait être :

« Mais Poirot ne se manifesta pas non plus le lendemain, et cela commença à m’irriter. Sa désinvolture passait vraiment les bornes ! » (175)

Dans La Mystérieuse Affaire de Styles, Hastings n’hésite pas à parler de Poirot au passé et avec une certaine condescendance malgré son admiration, en évoquant son ancienne carrière dans la police belge (32), en notant sa nouvelle infirmité (32) et en questionnant ses facultés de raisonnement, voire sa santé mentale (118) :

« Pour ma part, j’étais ébahi. Une seule conclusion me vint à l’esprit : Poirot avait perdu la tête ! » (La Mystérieuse Affaire de Styles, p.118)

On sent Hastings tendu :

« Apparemment très amusé par ma remarque, il eut un petit rire et leva les bras au ciel dans une parodie de désespoir qui me sembla d’un extrême mauvais goût » (71)

quand pour Poirot, l’affaire est entendue : Hastings raisonne « comme un enfant » (136), dont il n’hésite d’ailleurs pas à mettre à profit la naïveté :

Hastings : « Qui l’a cachée dans le coffre, voilà la question ! – Quelqu’un de très astucieux, rétorqua Poirot d’un ton sec, et qui a choisi l’endroit de la maison où cette barbe aurait sa place normale. Oui, il est intelligent. Mais nous le serons plus encore en lui faisant croire que nous ne le sommes pas du tout ! » (143)

L’Affaire de Styles le démontre, Hastings manque de l’indépendance et de l’esprit d’analyse qu’on attend d’un enquêteur et Poirot ne se prive pas de se moquer gentiment de lui :

« Votre esprit est un peu embrouillé, n’est-ce pas ? Prenez votre temps, mon bon ami. Vous êtes agité, vous perdez pied – quoi de plus naturel ! Dès que nous nous serons un peu calmés, nous pourrons agencer les faits selon un ordre cohérent, les mettre chacun à sa vraie place. Nous les analyserons, nous ferons le tri. Ceux qui nous paraîtront significatifs, nous les garderons – quant aux autres… (il gonfla comiquement ses joues et souffla : ) Pouf ! Nous les chasserons ! » (48-49)

Et grâce à lui, dans La Mystérieuse Affaire de Styles, on découvre un Hercule Poirot malicieux et plein d’humour :

« Allons, allons, mon bon ami ! dit-il en me pressant le bras. Ne prenez pas la mouche ! Permettez-moi de m’intéresser à mes histoires de tasses à café, et je respecterai votre fascination pour les tasses de cacao. N’est-ce pas là une mesure équitable ? » (72)

Evidemment en tant que faire-valoir, c’est Hastings qui met Poirot – en toute inconscience – sur la voie du fameux chaînon manquant. (201)

  • La méthode Poirot

Cité dès les pages 185 et 200 de La Mystérieuse Affaire de Styles, « le chaînon manquant » est aussi le titre d’un des chapitres (203), car comme pour la caractérisation des personnages ou les éléments de comédie, ce tout premier roman d’Agatha CHRISTIE présente de manière quasi définitive et complète la méthode d’investigation de Poirot.

Dans l’Affaire de Styles, Hastings décrit volontiers le détective belge comme « un véritable prophète » (185) ou un « prestidigitateur » (200), mais c’est bien évidemment tout le contraire. Car si l’instinct a sa place dans l’enquête :

« Il faut toujours écouter la petite voix de son intuition » (134),

une certaine ouverture d’esprit et de l’imagination aussi, – ne serait-ce que pour envisager toutes les possibilités avant de les rejeter une à une -, la méthode d’investigation de Poirot se caractérise avant tout par l’attention aux détails et la logique du raisonnement.

« Poirot eut un sourire plein d’indulgence. – Vous avez lâché la bride à votre imagination. L’imagination est une qualité lorsqu’elle sert, mais un défaut si elle commande. Plus l’explication est simple, plus elle est probable » (94)

Avant tout, Poirot aime l’ordre, comme un antidote aux émotions qu’il a autrement beaucoup de mal à maîtriser, comme on peut le voir dans La Mystérieuse Affaire de Styles :

« Il y a vraiment trop de strychnine dans cette affaire ! […] C’est à s’y perdre et, vous le savez, je n’aime pas le désordre. » (180)

Contre ces menaces d’envahissement du désordre (informations ou indices en surnombre qu’on n’arrive plus à situer à leur juste place dans l’enchaînement des faits de la très complexe Affaire de Styles), Poirot a besoin d’une grande concentration :

« Pendant les dix minutes qui suivirent, il ne desserra pas les lèvres et garda une immobilité parfaite, si l’on excepte les mouvements légers mais expressifs de ses sourcils. Le vert de ses yeux s’accentua notablement. Un profond soupir annonça la fin de ses cogitations.
-Bien. Le mauvais moment est passé. A présent les choses se présentent dans un ordre cohérent. On ne doit jamais laisser la confusion s’installer dans son esprit »
(99)

Et pour se calmer les nerfs, il a parfois besoin de faire des châteaux de cartes ! Dans le chapitre 11 de l’Affaire de Styles, toujours à la recherche de son « chaînon manquant », il explique à Hastings :

« Cet exercice réclame une grande précision des gestes. La précision des gestes entraîne celle du cerveau. Et jamais plus que maintenant je n’en ai eu autant besoin. » (200)

La Mystérieuse Affaire de Styles : Poirot se concentre

Poirot se concentre dans La Mystérieuse Affaire de Styles (capture d’écran série Hercule Poirot)

Dans l’Affaire de Styles comme ailleurs, l’attention aux détails est primordiale :

« Mais attention ! Le danger de l’échec guette celui qui décrète : « Ce détail est si minime qu’il ne peut être qu’inutile. Ignorons-le. » Celui-là se perd par négligence. Dans toute enquête, le moindre fait peut se révéler primordial ! » (49)

Poirot est un grand anxieux qu’une méthode rigoureuse rassure :

« – Pas du tout. Voyons ! Un fait en amène un autre. Il suffit de suivre leur enchaînement. Le suivant s’accorde-t-il au précédent ? Merveilleux ! Nous progressons. Manque-t-il un maillon à la chaîner de notre raisonnement ? Nous disséquons. Nous cherchons… Et ce détail apparemment insignifiant  qui – n’est-ce pas curieux ? – ne semble pas avoir de rapport avec le reste… mais il s’ajuste parfaitement !  (Il eut un geste plein d’emphase.) Tout devient limpide ! C’est prodigieux » (La Mystérieuse Affaire de Styles, p.49)

Aussi pense-t-il que :

« C’est faire preuve de sagesse que de soupçonner tout le monde tant que l’innocence de chacun n’est pas établie de façon rationnelle et satisfaisante pour l’esprit. » (136)

Tellement anxieux (et un peu vaniteux aussi !) qu’il préfère en général garder ses doutes pour lui :

« Ne pourriez-vous éclairer un peu ma lanterne ? », demande l’inspecteur Japp de Scotland Yard  – « S’il le faut, concéda Poirot après quelques secondes de réflexion. Mais c’est contre ma volonté. On me force la main. J’aurais préféré travailler dans le secret pour le moment. » (118)

Dans La Mystérieuse Affaire de Styles, Poirot est quelqu’un qui affirme, toutes preuves à l’appui, ou se tait ! (129, 170) On peut néanmoins saluer chez lui une rigueur toute mathématique, à l’image de celle qu’il emploie pour ériger ses châteaux de carte :

[Poirot] : « C’est comme ça qu’il faut œuvrer… En plaçant… un élément après l’autre… avec une précision…mathématique !
[Hastings] : J’observai le château de cartes s’élever étage par étage. Jamais mon ami ne marqua la moindre hésitation ni ne commit la moindre erreur. Son adresse égalait celle d’un prestidigitateur » (200),

et une exigence intellectuelle de tout premier ordre, qui lui fait dire sans hésiter que :

« Si [le détail] ne cadre pas avec la théorie, alors c’est elle qui est fautive ! » (97)

«  L’assurance contre l’erreur » – car c’est ainsi qu’il définit son travail d’enquête dans La Mystérieuse Affaire de Styles ! -, est à ce prix… (52).

A noter aussi, pour mémoire : Hercule Poirot a bien retenu la leçon de Sherlock Holmes et s’adjoint l’aide de « détectives amateurs » en la personne des habitants de Styles Court  qui, en exerçant une surveillance mutuelle incessante, contribuent en quelque sorte à « geler » la scène de crime (222).

 

L’art d’Agatha CHRISTIE dans La Mystérieuse Affaire de Styles: le crime comme système vivant complexe…

 

Ce qui marque avant tout dans La Mystérieuse Affaire de Styles, c’est le talent d’Agatha CHRISTIE pour le whodunit et la maturité de son style, comme des personnages qu’elle crée dans ce qui n’est après tout que son premier roman. Vu la complexité de La Mystérieuse Affaire de Styles, on peut même parler de virtuosité.

  • Les lecteurs mis au défi…

Mystérieuse Affaire de Styles : couvertureDès les premiers mots du roman, on est plongé dans l’action : Hastings va nous raconter « l’Affaire de Styles » (13) qui fait d’ailleurs le titre du livre : La Mystérieuse Affaire de Styles.

Agatha CHRISTIE aime l’action  et les dialogues, – qui commencent après tout juste quatre paragraphes -, et ne se perd pas en descriptions inutiles (c’est d’ailleurs ce que j’ai beaucoup regretté dans Le Crime de l’Orient-Express, par exemple, qui ne contient aucune description quelle qu’elle soit du prestigieux train…). L’auteure présente rapidement, – de manière succincte mais suffisante, et au fur et à mesure des rencontres – les nombreux personnages liés au drame et sait pratiquer le suspense, puisqu’elle termine le premier chapitre de La Mystérieuse Affaire de Styles en décrivant l’atmosphère « chargée de suspicion » qui règne à Styles Court, avant même que quelque chose ne se passe (27).

Non seulement le lecteur ne peut s’empêcher de tourner la page pour attaquer le deuxième chapitre, mais il est mis au défi de dénouer La Mystérieuse Affaire de Styles et de faire aussi bien que Miss Howard : détecter le coupable « du bout des doigts », « au premier coup d’œil » ! (21)

Dans une conversation toute théorique, la gouvernante de Styles Court vient en effet d’affirmer à Hastings (qui lui-même se rêve en détective !) que, face à un crime, elle « saurait tout de suite qui a fait le coup »  (20) :

Hastings : « Alors, répliquai-je, car la conversation m’amusait, si d’aventure vous étiez mêlée à un crime, vous seriez à même de désigner le coupable au premier coup d’œil ? Miss Howard  – Bien sûr ! Peut-être pas de le prouver à une bande d’hommes de loi : mais s’il s’approchait de moi, je le détecterais du bout des doigts » (21)

  • Le crime comme système vivant

Contrairement à un crime qui figerait lieux et personnages jusqu’à sa résolution, ce qui est intéressant dans La Mystérieuse Affaire de Styles, c’est que le mystère s’enfle après la mort de Mrs Inglethorp, chaque indice retrouvé – et il y en a vraiment beaucoup ! – modifiant le possible scénario du crime – ou plutôt l’ensemble des scénarios possibles  (on connaît Poirot et son goût de l’exhaustivité !) – et lui donnant d’autres énigmes à résoudre en chemin, avant de pouvoir présenter LA solution de l’affaire. Alfred innocenté par sa présence chez la belle Mrs Raikes, il s’agira par exemple pour Poirot de savoir qui aurait pu prendre son apparence pour se procurer la strychnine à la pharmacie du village.

Contrairement au huis clos de personnages qu’on associe généralement aux romans d’Agatha CHRISTIE, le cercle des suspects dans La Mystérieuse Affaire de Styles est « à géométrie variable » :

  • Miss Howard quitte la propriété le lendemain de l’arrivée de Hastings (25) !
  • Toujours fourré à Styles Court, le mystérieux Dr Bauerstein tend à remplacer John Cavendish auprès de sa femme Mary (25, 28, 35, 44, 91,154)
  • Après l’enterrement, c’est au tour d’Alfred Inglethorp de s’installer en ville (138)
  • Enfin, Hastings, Poirot et Mary Cavendish rentrent un jour au manoir pour découvrir que John a été arrêté ! (181)

Un crime chez Agatha CHRISTIE est quelque chose de très vivant, et en particulier La Mystérieuse Affaire de Styles.

Poirot utilise aussi les personnages comme des informateurs, leur donnant à chacun des missions (Lawrence se met en quête d’une tasse manquante, Miss Howard d’une enveloppe) (176). Autant d’informations qui viennent s’ajouter en cours d’enquête, même si l’on imagine bien qu’elles ne font que confirmer une hypothèse déjà imaginée, pressentie ou devinée par le fin détective belge !

On apprendra également que la scène de crime de L’Affaire de Styles a été modifiée (la mallette de la victime est forcée après que la scène de crime a été théoriquement verrouillée (88) ; le jeune Lawrence Cavendish pousse le verrou de communication entre les chambres de Mrs Inglethorp et de Cynthia pour protéger cette dernière dont il est amoureux) (225). De même on découvrira que de faux indices ont été confectionnés. (218)

Ce côté « vivant » du crime dans La Mystérieuse Affaire de Styles est absolument fascinant !

« Reine du Crime », Agatha CHRISTIE l’est aussi des coups de théâtre : on pourrait en faire un film, si cela n’avait pas déjà été fait !…

Jusqu’au bout, elle maintient le suspense et la révélation finale d’Hercule Poirot au chapitre 12, – pour peu qu’on ait la patience de l’accompagner dans son raisonnement ! -, est de bout en bout surprenante, réduisant notamment les meilleurs indices à néant (la tasse de café, la strychnine, etc.) pour nous révéler un scénario proprement machiavélique ! (212)

  • Patates… mathématiques !

Qui a apporté la tasse de café à Mrs Inglethorp ou qui a même traversé le vestibule quand la tasse s’y trouvait ? (134)

Comme le prouvent les schémas insérés dans La Mystérieuse Affaire de Styles (et dans nombre d’autres romans d’Agatha CHRISTIE), pour l’auteure, la solution du mystère réside dans le détail et l’extrême précision des faits : la topographie des lieux et le calendrier des événements minute par minute sont un prérequis. (205)

Une enquête signée Agatha CHRISTIE est toujours un jeu de patates mathématiques ou, en bon français, une démonstration de la « théorie des ensembles » dont l’intersection finira par donner le nom du coupable :

« Seules deux personnes n’ont pu se trouver à proximité de la tasse de café : Mrs Cavendish et Miss Cynthia », raisonne ainsi Poirot dans le chapitre 7 de La Mystérieuse Affaire de Styles. (134)

Combien on aimerait voir ses notes, ses brouillons (s’ils existent) ou ses manuscrits ! (voir en fin d’article, la rubrique « En Savoir plus »).

La force d’Agatha CHRISTIE pour le polar, dès l’Affaire de Styles, est certainement de multiplier les pistes, – vraies/fausses, suspects ou indices – mais surtout, me semble-t-il, de construire autour de chaque indice relevé autour du crime une multitude d’histoires et de possibilités qui seront utilisées de manière différente scénaristiquement parlant :

Affaire de Styles : une histoire de poison

  • Ainsi la tasse de café est l’un des premiers indices révélés, mais à noter : c’est une tasse parmi six – non, sept ! – utilisées le soir du crime. C’est Alfred qui la monte à Lady Emily, mais elle est restée un moment abandonnée sur une table dans le vestibule… Malicieusement, à la fin de La Mystérieuse Affaire de Styles, Agatha CHRISTIE choisira de balayer cet indice d’un revers de la main au moment de l’ultime révélation !
  • Le pharmacien est formel : c’est un homme à barbe noire qui lui a acheté de la strychnine (110-111). Mais cette barbe est-elle celle d’Alfred Inglethorp (99), celle du Dr Bauerstein (114) ou encore ce postiche retrouvé au fond d’une malle à déguisements ? (141) Et puisqu’on en parle, la strychnine achetée à la pharmacie est-elle l’arme du crime ou plutôt une fausse piste proposée par le coupable pour détourner les soupçons ?
  • Une porte peut ouvrir une pièce sur l’extérieur ou faire communiquer deux pièces, elle peut être ouverte ou fermée, verrouillée de l’intérieur ou pas, etc.

Chaque indice proposé par Agatha CHRISTIE est doté de différents attributs dont elle va se servir pour l’intrigue et que le lecteur-enquêteur doit, idéalement, savoir peser et interroger.

Car lire Agatha CHRISTIE, c’est aussi  apprendre à questionner ce qu’on voit, ce qu’on entend, à tenir compte du contexte d’un propos ou d’une découverte et même de certaines imprécisions du langage ! Dans La Mystérieuse Affaire de Styles, par exemple, la bonne Dorcas, comme Mary Cavendish, ont entendu une altercation entre un homme – qu’elles ont immédiatement supposé être Alfred Inglethorp – et Lady Emily l’après-midi du crime, mais, note Poirot, si l’on admet que la voix masculine, à peine audible, n’était pas celle d’Alfred, c’était forcément celle de John ou de Lawrence et vu l’attitude de Mary, il s’agissait forcément de John. (184) Toujours les « patates mathématiques » de ce cher Poirot !

Dans une enquête, il s’agit avant tout, selon Poirot, « d’abandonner certaines fausses pistes et d’attribuer à d’autres faits leur signification réelle ». (206) C’est la clé dans ce premier roman de La Mystérieuse Affaire de Styles pour tout lecteur tenté de jouer au détective !

Quand Hastings saute aux conclusions, Poirot freine des quatre fers si bien qu’entre eux, ça fonctionne souvent sur le mode du quiproquo. Que John ait eu une altercation avec sa mère cet après-midi-là n’en fait pas un criminel. Mais quand Poirot décrit peu après l’assassin comme « un individu sans scrupules, doué d’une intelligence remarquable » Hastings pense qu’il parle toujours de John, alors que Poirot, lui,  poursuit sa petite idée… (184-185)

Autre exemple dans l’ Affaire de Styles : rien ne ressemble plus à une feuille de papier qu’une autre feuille de papier. Quand tous s’agitent autour du testament laissé par la riche Lady, se pourrait-il qu’un (voire deux !) parmi eux s’affolent au sujet d’un tout autre genre de lettre : celle d’un mari infidèle à sa maîtresse (208) ou d’un assassin à sa complice (221) ?

Etre précis et surtout être capable d’aller au-delà de l’évidence est ce qui différencie Poirot de Hastings.

  • Modernité

Mises à part les circonstances particulières du roman (origine sociale des personnages, cadre privilégié d’un manoir anglais, période particulière de la guerre 14-18 avec ses blessés et ses réfugiés, dont Poirot), La Mystérieuse Affaire de Styles reste étonnamment moderne avec, en particulier, un argument scientifique fort et une partie judiciaire bien amenée, qui brille par des interrogatoires très agressifs et des plaidoyers de la défense très fins (195).

On comprend en lisant Agatha CHRISTIE, combien elle a eu d’influence en particulier sur les séries télé policières et, même si ce n’est pas forcément bon signe, on ne peut que constater que nombre d’entre elles fonctionnent toujours sur les schémas qu’elle a mis en place dès ce premier opus de l’Affaire de Styles !

Quant à la série télé Hercule Poirot produite en 1988 par Brian EASTMAN (également créateur quelques vingt ans plus tard de la série Rosemary & Thyme), je la trouve profondément ennuyeuse, même si j’ai pu juger en voyant récemment l’épisode consacré à La Mystérieuse Affaire de Styles qu’elle était très fidèle au texte et à l’esprit du roman.  Si ce n’était pour le délicieux David SUCHET qui incarne Hercule Poirot avec beaucoup de talent, je la laisserais là où elle est, perdue dans les limbes des programmes télé de l’après-midi ! Bientôt, la pimpante série française des Petits Meurtres d’Agatha Christie d’Anne GIAFFERI et Murielle MAGELLAN devrait nous proposer sa propre version de l’Affaire de Styles sur France 2.  A voir !

  • En mode virtuose

La Mystérieuse Affaire de Styles : Agatha Christie virtuose

Agatha CHRISTIE au travail – Photo ©DR

Mises en scène par Poirot, les révélations du chapitre 12 de La Mystérieuse Affaire de Styles sont tonitruantes. Complétées dans le chapitre 13 (le dernier !) par les inévitables précisions de Poirot, soucieux de refermer tous les fils de l’intrigue pour son cher Hastings, la perfidie des coupables se révèle abyssale, le crime ayant été pensé et organisé dans ses moindres détails depuis des mois (224)…

Reine des fausses pistes et des scénarios machiavéliques, Agatha CHRISTIE crée un personnage à son image, virtuose :

Hastings, à propos d’Inglethorp : « S’il n’est pas soupçonné à tort, quelle autre tactique aurait-il pu adopter pour sa défense ? – Mais il existe toutes sortes de façons plus ingénieuses les unes que les autres ! s’écria Poirot. Tenez : imaginons que je sois le criminel. Je peux inventer sept histoires tout à fait crédibles ! » (119)

De fait, Poirot n’hésite jamais dans La Mystérieuse Affaire de Styles à proposer et développer des thèses divergentes (97), ne serait-ce que pour renforcer son intime conviction.

Preuve de son grand talent, Agatha CHRISTIE ne s’en tient pas à un plan machiavélique, froid et parfait, mais parvient aussi à faire entrer dans l’ Affaire de Styles un élément humain. Par amour pour Cynthia, Lawrence détruit des preuves (226) et ce bon Poirot se montre un grand sentimental en choisissant délibérément, comme il l’explique à Hastings, de laisser John être accusé et subir un procès, pensant que cette épreuve réunira le couple :

 « – Je lis dans vos pensées, mon bon ami ! dit-il avec un sourire. Non, personne hormis Hercule Poirot n’aurait osé prendre un tel risque ! Mais vous avez tort de lui en faire grief : le bonheur d’une femme, et d’un homme, est le bien le plus précieux au monde. » (228)

Bref, premier roman d’Agatha CHRISTIE, La Mystérieuse Affaire de Styles est un vrai morceau de bravoure, une démonstration virtuose du talent de la jeune romancière pour le whodunit. Vraiment très fort !

Pour autant, un roman policier doit-il se limiter à une démonstration sans faille, à cette précision mathématique qui est la véritable marque de fabrique des polars d’Agatha CHRISTIE ?

Personnellement, j’en doute et même si j’apprécie la performance, je dois dire que la belle Agatha me fait un peu l’effet d’Hitchcock quand on s’intéresse de plus près à ses films : c’est une grande malade !

Etes-vous fan d’Agatha CHRISTIE ? Pensez-vous qu’un polar doit donner toutes les réponses ?

 

NOTES :

  • Source : Article Hercule Poirot sur Wikipedia

En Savoir plus :

Les Blogueuses

 

La Mystérieuse Affaire de Styles participe au Challenge British Mysteries
Cet article participe à la ronde “Les Blogueuses affrontent leurs monstres sacrés” & au Challenge British Mysteries chez Lou.


Demain, rendez-vous chez Bénédicte qui tordra le cou au stress !

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8 Commentaires dans “La Mystérieuse Affaire de Styles (Agatha CHRISTIE, 1920)

  1. apodioxe dit:

    Je ne suis pas une grande lectrice, tout ce que me rappelle Poirot, ce sont les séries télévisées. Si mes souvenirs sont bons, je ne pense pas avoir lu de livres d’elles. Mais, c’est vrai que ça donne envie de se plonger dans la lecture en parcourant ton analyse de ce roman. Plus jeune, je lisais surtout Mary Higgins Clark… J’aurais dû peut-être lire du côté d’Agatha Christie, ça m’aurait peut-être plu aussi ! 🙂

    C’était bien sympa cette ronde de blogueuses !

    • Ada dit:

      J’ai eu la chance de tomber pile sur l’épisode de “La Mystérieuse Affaire de Styles” de la série Poirot, alors que je finissais l’article. Je n’accroche pas à la série (à part au personnage de Poirot, bien sûr). De Mary Higgins Clark j’ai adoré “La Nuit du Renard”, qui est superbement écrit et pour une précédente ronde des Blogueuses, j’avais lu “Le Voleur de Noël”, rigolo et léger. Agatha Christie est super balèze, mais son côté tatillon, ultra précis, etc… me fatigue un peu, je dois dire…
      J’espère qu’on ne laissera pas passer autant de temps avant une prochaine réunion des Blogueuses ! Merci d’être passée.

    • Ada dit:

      C’est sûr, on lit plutôt “Dix petits Nègres” ou “Le Crime de l’Orient-Express” que “La Mystérieuse Affaire de Styles”. Les ayant lus il y a longtemps, j’ai trouvé intéressant de lire le tout premier, mais j’ai l’impression que sa technique était déjà parfaite et bien rôdée dans son genre…

  2. chiffonsandco dit:

    Je ne sais pas si je suis fan, mais j’ai lu quelques bouquins et vu quelques films et séries ! Oui, j’aime avoir les solutions à la fin, je n’aime pas trop rester sur ma faim avec des questions en suspend(orthographe non garantie). C’est plus un article ça, c’est un bouquin : wouahhhhh…..

    • Ada dit:

      Je t’avoue que le côté mathématique et exhaustif des démonstrations made in Agatha me fatigue un peu ! J’ai besoin de plus de liberté et d’imagination. Mais j’ai adoré découvrir tous les trucs & astuces de la Reine du Crime pour construire ses intrigues. Elle est très, très forte !

  3. Odrey dit:

    Ouah, ça c’est de l’analyse !! Je n’ai pas lu ce premier roman d’Agatha Christie. J’avoue bien aimer les polars dans le style “chirurgical” comme celui-ci. Je me laisserai surement tenter (quand ma PAL aura un peu baissé…).
    En tout cas, bravo pour cette fiche de lecture très complète.

    • Ada dit:

      Merci, Audrey ! Pour avoir lu par le passé plusieurs de ses whodunit, j’ai l’impression que “La Mystérieuse Affaire de Styles” sert pratiquement de modèle à tous les autres ! Un coup de maître pour un premier roman !

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