A Rome : visite du Musée de criminologie…

Crimino… ma Lombroso !

L’histoire du Musée de la criminologie à Rome est pleine de faux départs, de recommencements et de luttes d’influences liées en partie à la personnalité de Cesare LOMBROSO, théoricien et fondateur de l’anthropologie criminelle italienne…

Comme le reste de l’Europe, l’Italie se passionne à la fin du 19ème siècle pour l’exploration de l’esprit criminel et les moyens de le réformer…

Conçue pour la formation des gardiens de prison, une première collection d’objets est  assemblée dès 1873 à Rome par l’administration pénitentiaire italienne… De son côté, depuis 1866, à Turin, le Dr. Cesare LOMBROSO, médecin militaire, puis Professeur de médecine légale, constitue chez lui une collection d’étude privée et, au vu de l’engouement suscité par ses théories, obtient en 1892 de créer le premier musée de psychiatrie et de criminologie. Dès lors, Rome & Turin rivaliseront, notamment pour la conservation des pièces fournies par les prisons.

Après la mort de Lombroso en 1909, l’Administration pénitentiaire obtient la création d’un « Musée du crime », ouvert en 1931 dans les locaux de la prison Carceri Nuove, Via Giulia, à Rome, fermé en 1968 avant de réouvrir à un public autorisé Via del Gonfalone, en 1975, et d’être à nouveau abandonné… jusqu’en février 1994 où le Museo criminologico (MUCRI) est entièrement réorganisé et ouvert au grand public !

 

« Take comfort, brother, for soon you will be with Christ in Paradise »*

Sur les 3 étages du Palazzo del Gonfalone (une ancienne maison de redressement pour jeunes garçons, tout près de la magnifique Piazza Navona), les collections du Musée de criminologie de Rome se distribuent par thèmes dans les salles et les alcôves créées à l’emplacement des anciennes cellules.

A lui seul, le rez-de-chaussée se présente comme un musée historique – glauquissime et pesant – de la torture et des exécutions telles qu’on les pratiquait en Europe, du Moyen-Age au 19ème siècle, avec une impressionnante collection de fers et de clés, de fouets, de cordes, maquettes de supplices, chaise de torture destinées aux sorcières, ceinture de chasteté, reproduction de la « vierge de fer » de Nuremberg, hache et épée de justice, tunique rouge du bourreau Mastro TITTA et pas moins de 3 guillotines (considérée à l’époque comme un moyen “propre” et humain d’exécution, la guillotine avait été introduite en Italie par Napoléon et conservée par les papes jusqu’en 1868)…

Criminels-nés ? Les théories de Cesare LOMBROSO…

Cesare Lombroso

Plus intéressant, le 1er étage se consacre entièrement au 19ème siècle : au développement du système pénitentiaire italien, à la naissance de l’anthropologie criminelle et aux théories de Cesare LOMBROSO (le criminel-né, la femme délinquante…).

Plans, gravures et objets quotidiens des prisons, archives photo de tatouages, fiches anthropométriques, mallettes de détection de drogues ou de prise d’empreintes des « Experts » de l’époque côtoient le moulage en plâtre du crâne du brigand calabrais Giuseppe VILLELLA, dont l’autopsie avait soufflé à Cesare LOMBROSO sa théorie de l’atavisme criminel (aux dépens, notamment, des facteurs sociaux)…

La visite de cette deuxième section se termine par deux salles consacrées à la contrebande et à la contrefaçon.

Le Cabinet de curiosités du crime…

Le 2ème et dernier étage commence par un accrochage de 3 reportages photo réalisés dans des prisons d’hommes des années 30 et 60 (portraits, réfectoires, ateliers de chaussures) et de femmes dans les années 50 (dortoirs, ateliers, enfants en bas âge gardés avec leurs mères), puis se visite à la façon d’un « cabinet de curiosités du crime » : présentant les plus grandes affaires du 20ème siècle et alignant un véritable arsenal d’armes de poing – des plus artisanales aux plus compactes – et fusils mitrailleurs sagement enfermés dans leurs vitrines…

Espionnage (avec l’incroyable affaire du « Spy in the trunk »), crime organisé, jeu, terrorisme et attaques de banques spectaculaires, la visite finit en apothéose par les faits divers ayant le plus défrayé la chronique dans les années 40 et 50, comme l’histoire de Leonarda Cianciulli, alias « la saponificatrice », une gentille vieille dame qui, à la manière d’un Landru, proposa à ses trois meilleures amies de quitter la ville qui pour un mari, qui pour un travail… avant de les couper en morceaux et de les transformer en savons et biscuits pour le thé !

Une fin de visite plus légère – si l’on peut dire ! – que le début… Mais on quitte le musée avec tout de même une drôle d’impression : rien ou presque sur la mafia, la célèbre pieuvre italienne, qu’elle soit sicilienne, napolitaine ou calabraise ?!!!

Renseignements pris, c’est en Sicile (au Museo della Mafia de Salemi, inauguré en mai 2010) ou à Las Vegas (au “Mob Museum”, ouvert en février 2012) qu’il faut se rendre pour visiter le musée de la mafia.

Un jour, peut-être… Vous me suivez ?

*”Sois réconforté, mon frère, car bientôt tu seras avec le Christ au Paradis”

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