Les mosaïques de Leytonstone à Londres : hommage à HITCHCOCK…

Les mosaïques de Leytonstone : l'art dans le métro !

C’est en préparant un voyage de 3 jours à Londres que j’ai découvert que les HITCHCOCK et nous allions être voisins !! (Voir NOTE 1). Pas de temps pour une visite guidée complète de Londres sur les traces d’Alfred HITCHCOCK, mais j’ai tout de même réussi à caser dans notre agenda les mosaïques de Leytonstone, hommage du Waltham Forest Council à l’un de ses plus célèbres rejetons, le grand, l’immense Alfred HITCHCOCK, né le 13 août 1899, au 517 High Road, dans le quartier de Leytonstone à Londres. L’une des mosaïques de Leytonstone représente d’ailleurs le tout jeune « Alfie » à cheval, devant la boutique de son père (voir dans la galerie photo « Hitch as a boy »).

Kitsch, les 17 mosaïques de Leytonstone consacrées à HITCHCOCK et à 15 de ses films (sur près de 90 au total) ? Eh bien, finalement pas tant que ça ! Bien que difficiles à photographier au milieu du flot incessant des usagers de la station de métro, elles se révèlent dans le face à face, les gros plans… Et pour tout dire, certaines sont carrément obsédantes. On vous y emmène !

 

1999, centenaire de la naissance d’Alfred HITCHCOCK à Londres

En aout 1999, Londres célèbre le centenaire de la naissance d’Alfred HITCHCOCK. A cette occasion notamment, une plaque commémorative est apposée, en présence de sa fille Patricia, sur la façade de sa maison du 153, Cromwell Road (Voir Note 1).

Grâce à des dons du Fonds Capital Challenge, du Métro de Londres et de Tesco, le Waltham Forest Borough Council, circonscription du nord-est de Londres, passe commande au  Greenwich Mural Workshop des 17 mosaïques de Leytonstone, dont les sujets sont choisis par des personnalités locales, comme indiqué sur place par une plaque d’information. Commencées en juin 2000, les mosaïques de Leytonstone sont inaugurées le 3 mai 2001. Elles sont attribuées collectivement à Steve and Nathan Lobb, Carol Kenna, Claire Notley and Julie Norburn de l’atelier Greenwich Mural Workshop, les légendes qui les accompagnent à un certain John BARRY.

On est surpris – je le suis ! – de voir qu’HITCHCOCK est né en 1899, seulement onze ans après la série de crimes attribués à Jack l’Eventreur ! Une carrière à Hollywood est-elle le secret de la jeunesse éternelle ?

 

Les mosaïques de Leytonstone

Les mosaïques de Leytonstone sont exposées tout au long du couloir de sortie de la station de métro du même nom (sur la Central Line) et sont ainsi disposées :

  • sur le côté droit : Young Alfred by his Father’s Shop, Hitchcock the Director, Suspicion, Psycho, The Skin Game, North by Northwest
  • sur le côté gauche : Pleasure Garden, Strangers on a Train , Vertigo, Saboteur [with the Elms], The Birds, To Catch a Thief
  • à l’extérieur : Rebecca, The Wrong Man, Rear Window,, Hitchcock with Dietrich.
Les mosaïques de Leytonstone : Fenêtre sur Cour, à la sortie du métro

Les mosaïques de Leytonstone : celle illustrant « Fenêtre sur Cour », à la sortie du métro – Photo ©SKTV.

Pour notre part, nous avons choisi de présenter la galerie des mosaïques de Leytonstone dans l’ordre chronologique, avant de revenir sur les plus évocatives. Une occasion de plus de constater l’incroyable productivité du maître avec souvent plus d’une sortie par an !

Parmi les mosaïques de Leytonstone qui restent très présentes dans ma mémoire, celle illustrant le film The Skin Game. Pas du noir et blanc comme le film sorti en 1932, l’un des premiers parlants de Hitchcock, mais pas loin quand même avec ce jeu d’ombres qui s’allongent dans une composition très efficace, impressionnante.

Les mosaïques de Leytonstone : "The Skin Game" (1932)

The Skin Game (1932) – Photo ©SKTV

La mosaïque de Suspicion/Soupçons, sorti en1941 reprend une scène-clé du film. Celle où le séduisant et inquiétant Johnnie Aysgarth (Cary GRANT) monte à sa jeune épouse un verre de lait, peut-être empoisonné…

Les mosaïques de Leytonstone : "Suspicion/Soupçons" (1941)

Suspicion (1941) – Photo ©SKTV

Dans ses entretiens avec François TRUFFAUT, HITCHCOCK expliquera avoir placé une lumière à l’intérieur du verre : « Cary Grant monte l’escalier et il fallait que l’on ne regardât que ce verre. » (Note 3)

Pas besoin avec cette mosaïque dont la composition légèrement oblique et plongeante guide immanquablement notre regard sur le verre de lait posé sur un plateau.

Les mosaïques de Leytonstone : Suspicion/Soupçons (détails)

Les mosaïques de Leytonstone à Londres : « If you’re going to kill someone, do it simply. » [Dialogue extrait du film Soupçons d’Alfred HITCHCOCK, 1941.]

Le film étant à l’origine en noir et blanc, l’image a été réinterprétée en couleur, l’aviez-vous noté ?

On reconnaît encore Cary GRANT dans la mosaïque consacrée à North by Northwest/La Mort aux Trousses sorti en 1959 (en Technicolor, cette fois !). Face caméra, Roger Thornhill, seul, perdu dans les grandes plaines du Midwest se fait attaquer par un petit avion d’épandage et doit lutter pour sa vie. Penchez un peu la tête, rapprochez-vous : la scène s’anime, comme dans le film. Culte !

Les mosaïques de Leytonstone : La Mort aux Trousses (1959)

North By Northwest/La Mort aux Trousses (1959) – Photo ©SKTV

La mosaïque représentant Psycho/Psychose (1960) est parfaite : composition, couleurs, choix des personnages, effet de transparence avec Norman Bates qui apparaît derrière le rideau de douche.

Les mosaïques de Leytonstone : Psychose (1960)

Psycho / Psychose (1960) – Photo ©SKTV

Cette oeuvre est géniale parce qu’elle parvient à mêler parfaitement réalité et fiction, coulisses et images du film : au centre – et c’est pratiquement tout ce qu’on perçoit, quand on est devant -, le visage de Janet LEIGH (Marion Crane) sous les jets de la douche ; au premier plan, dans l’angle inférieur gauche, le célèbre profil d’Alfred HITCHCOCK en rouge foncé (diabolique), donnant ses indications aux acteurs, et dans l’angle supérieur droit, le visage d’Anthony PERKINS, presque imperceptible et pourtant bien là, derrière tout ce qui se trame…

Dans la mosaïque, c’est le visage de Norman Bates, habité, qu’on voit et non la silhouette de sa mère enchignonnée. Du grand art !

Sur grand écran ou au détour d’une station de métro, Alfred HITCHCOCK reste le maître indéboulonnable du suspense :

Les mosaïques de Leytonstone : Hitch et Marlène Dietrich dans Le Grand Alibi (1950)

Hitch and Dietrich, sur le tournage de Stage Fright / Le Grand Alibi (1950) – Photo ©SKTV

Les mosaïques de Leytonstone et des peintures anonymes aussi...

A l’extérieur de la station de métro, les peintures d’un anonyme rendent encore hommage à HITCHCOCK sur du mobilier urbain. Les Oiseaux ont attaqué… Encore ! – Photo ©SKTV.

Toutes ces belles choses m’ont donné une furieuse envie me replonger dans quelques Hitchcocks…. ! Pas vous ?

NOTES ARTICLE :

  • Après son mariage avec Alma REVILLE le 2 décembre 1926, Alfred HITCHCOCK emménage au 153 Cromwell Road dans le quartier de Kensington à Londres. Ils y vivent 13 ans jusqu’à leur départ pour Hollywood à la veille de la guerre en mars 1939.
  • Voir sur le site de Greenwich Mural Workshops, l’ensemble des légendes et des citations qui accompagnent les mosaïques de Leytonstone
  • Livre d’entretiens : Hitchcock, par François Truffaut (Ed. Gallimard, 1966)

 

En Savoir plus :

  • Adresse où admirer les 17 mosaïques Hitchcock : Leytonstone tube station – E11, Church Lane.

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